Le Bordelais
Quand Bordeaux rencontra le vin ou quand le vin rencontra Bordeaux…
- 1er siècle : Tout commence par un cépage
Le développement de la vigne autour de Bordeaux part de la découverte d’une variété de cépage résistante aux hivers rigoureux, la Biturica. Elle tire son nom des Bituriges Vivisques, habitants de Burdigala, la future Bordeaux. Voilà la source d’une première prospérité sous l’occupation romaine qui instaure la « Pax Romana » et facilite les échanges commerciaux. L’économie locale profite de l’engouement de Rome pour les premiers vins de Bordeaux chantés par le poète Ausone. Avec les privilèges de commerce et les exemptions de taxes accordées aux vignerons, les grands domaines gaulois démantelés par les Romains se transforment en une mosaïque de moyennes propriétés et les villas gallo-romaines s’entourent de vignes. Le vignoble conquiert les faubourgs de Burdigala et les « côtes » de la rive droite. Après le déclin de l’Empire, cinq siècles d’invasions ont presque raison du vignoble. Ce sont les moines qui sauvent le capital génétique de la Biturica en conservant quelques parcelles autour des églises et des abbayes.
- 12ème siècle : Bordeaux, so british
Il suffit d’un mariage pour redynamiser les vignes ! Celui d’Aliénor d’Aquitaine en 1152 avec Henri Plantagenêt, futur Roi d’Angleterre, va sceller le sort des vins de Bordeaux et préfigurer une culture vouée à l’exportation. Les négociants bordelais sont exemptés de taxes par le roi. Ces privilèges royaux permettent d’approvisionner généreusement l’Angleterre en Claret, vin très prisé par les anglo-saxons. Deux fois par an, avant Noël et avant Pâques, une véritable flotte du vin pouvant compter jusqu’à 200 navires quitte l’Angleterre pour « aller au vin » en échange de textiles, d’aliments et de métaux. Bordeaux établit ainsi un monopole de production, de vente, de distribution vers la Grande Bretagne. La vigne gagne du terrain et investit les abords de Fronsac, Saint-Emilion, Cadillac, Barsac, Langon … L’Aquitaine demeure pendant 3 siècles une province anglaise et affiche une belle prospérité.
- 15ème siècle : La fin de l’âge d’or
Le formidable courant d’échanges commerciaux est stoppé net par la sanglante Guerre de Cent ans qui oppose la France et l’Angleterre. En 1453, la fameuse bataille de Castillon rend l’Aquitaine à la France et Bordeaux est brusquement privée de débouché commercial vers l’Angleterre. Heureusement, Louis XI a l’intelligence d’autoriser les navires britanniques à revenir au port de Bordeaux. Dès 1475, la situation redevient normale mais le flux commercial ne retrouve pas son volume précédent. Il faudra attendre près de 200 ans.
- 17ème siècle : Vive la Hollande !
Avec davantage de stabilité politique et économique, les affaires reprennent à Bordeaux, grâce au développement des échanges avec les Hollandais et les villes de la Hanse. Hormis les traditionnels « Clarets », les Bordelais exportent aussi des vins blancs secs et moelleux pour la distillation aux Pays-Bas, mais aussi des vins rouges colorés très appréciés. Grands commerçants et acheteurs, les Hollandais orientent la production des premiers grands vins comme le célèbre « Ho-Bryan », futur Haut-Brion. Ils apportent aussi de nombreuses innovations comme la stérilisation des barriques au soufre pour faciliter leur conservation et leur transport. Ils s’installent aux Chartons, à deux pas des quais. Les vins sont exportés en fûts, manipulés sur les quais de la ville et entreposés dans ce quartier des négociants où subsistent aujourd’hui des chais et des entreprises exportatrices.
- 18ème siècle : Le siècle des Lumières
En pleine époque coloniale, Bordeaux assure sa croissance par l’exportation du vin vers Saint-Domingue et les Petites Antilles. Le marché anglais devient un débouché secondaire, avec 10 % des exportations, mais reste prescripteur. Très recherchés par la « High Society » londonienne les vins fins de Bordeaux y prennent leurs lettres de noblesse. Bordeaux devient célèbre pour la qualité de ses terroirs. Lors de son passage à Bordeaux en 1787, Thomas Jefferson, futur président des Etats-Unis, évoque un classement des vins établi par les courtiers et les négociants. La notion de crus gagne du terrain. À cette époque, apparaissent les premières bouteilles bouchées et scellées remplaçant peu à peu le tonneau dans le transport. L’architecture de la ville et de ses quais témoigne de sa richesse. Bordeaux construit le plus vaste ensemble architectural du 18ème siècle en Europe. On peut toujours y admirer son magnifique style classique en pierres blondes. Cette période de croissance durera jusqu’à la révolution de 1789.
- 19ème siècle : Prospérité et fléaux
Avec le début du siècle débute un nouvel âge d’or. En quelques dizaines d’années, la production double et les exportations triplent. Le Nord de l’Europe est investi par les exportateurs et les anglais redeviennent les plus importants acheteurs. La révolution industrielle et l’esprit libre-échangiste des négociants et propriétaires contribuent largement à cette nouvelle prospérité. Elle s’accompagne d’une recherche accrue de la qualité qui se concrétise par le fameux Classement de 1855 demandé par Napoléon III à l’occasion de l’Exposition Universelle.
Mais les échanges commerciaux, notamment avec les Etats-Unis, n’ont pas que des aspects positifs. Ils favorisent aussi la propagation des maladies et des parasites de la vigne : l’oïdium est enrayé par l’invention de traitements à base de soufre (1857), le phylloxéra ruine tout le vignoble, de 1875 à 1892, finalement sauvé par le greffage des cépages bordelais sur des pieds américains résistants à la maladie. le mildiou est traité avec la « bouillie bordelaise », préparation à base de cuivre inventée pour résister à cette nouvelle maladie, importée des Etats-Unis. Elle est encore utilisée aujourd’hui dans le monde entier.
- 20ème siècle : Sous le signe de la qualité
Une fois les maladies enrayées, l’expansion rapide de la vigne s’accompagne de fraudes et d’une baisse des prix. Plusieurs évènements concourent à la chute des cours : première guerre mondiale, révolution russe, prohibition aux Etats-Unis… Les viticulteurs bordelais, voulant valoriser leurs produits par une meilleure qualité, participent activement en 1936 à la création de l’I.N.A.O. (Institut National des Appellations d’Origine). Aujourd’hui, 97 % de la production du Bordelais sont commercialisés sous AOC, avec le succès que l’on connaît. Cette quête de la qualité s’illustre aussi par le classement des Saint-Émilion en 1955 ou la création de la nouvelle AOC Pessac-Léognan en 1987. Malgré les terribles gelées de 1956, la dynamique de reconquête des années 1980 et 1990 dynamise les exportations qui représentent aujourd’hui 35 % des ventes. La fin du siècle marque l’avancée spectaculaire des connaissances techniques en agronomie, viticulture et œnologie. Elles permettent à Bordeaux de demeurer la référence mondiale de la qualité.
- 21ème siècle : Perpétuer l’excellence
Les progrès techniques réalisés à Bordeaux sont tels aujourd’hui qu’ils sont exportés dans tous les grands vignobles de la planète. Les hommes de Bordeaux participent ainsi, par leur expertise, à la qualité générale des vins au niveau mondial. La faculté d’œnologie de Bordeaux ainsi que de nombreux organismes de recherches contribuent au développement de nouveaux savoir-faire. Parallèlement, le tourisme autour des vins de Bordeaux est en pleine expansion. Les châteaux ouvrent leurs portes aux amateurs pour leur dévoiler leur histoire, leurs vignes, leurs crus et leurs secrets. Des programmes de découverte sont organisés par les tours opérateurs internationaux et par les agences spécialisées de Bordeaux. Au menu, un savoureux cocktail qui mêle vins, patrimoine, culture et gastronomie au travers de visites guidées, dégustations, journées de vendanges, chambres d’hôtes dans les propriétés, cours d’œnologie, etc… Des moments inoubliables, à vivre intensément, placés sous le signe de l’hospitalité.
Les 57 Appellations d’Origine Controlée de Bordeaux composent une gamme unique.
Elle se répartit en 4 familles de vins rouges et 2 familles de vins blancs détaillées ci-dessous
Bordeaux et Bordeaux Supérieur |
Médoc et Graves |
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Les Côtes de Bordeaux |
Saint-Emilion, Pomerol et Fronsac |
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Vins Blancs Secs |
Vins Blancs d’Or |





